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Contemplatif

Pine Hill : Réinvention d'un lieu de repos

À première vue, rien ne laisse deviner que ce lieu a été le premier cimetière de Magog. Pourtant, son histoire est marquée par deux impressionnants déplacements de sépultures, témoins de l'attachement d'une communauté à préserver la mémoire de ses pionniers.

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Union Church : Un déménagement in-extremis

Dans notre beau coin de pays de nombreux cimetières aujourd’hui entourés d’une végétation leur donnant un air bucolique rappellent les familles de premiers colons qui défrichèrent la terre et enterrèrent leurs morts, parfois même avant l’arrivée d’une église : Macpherson (Georgeville), Saint-James (Hatley), Miltimore (Potton), etc. Ces cimetières, toujours visités et parfois même animés par des guides ou bien par des amateurs de géocaching, sont maintenant un point de rencontre entre la mort et la vie.

Depuis Magog, si vous empruntez le chemin permettant de rejoindre Georgeville, sa belle auberge et ses surprenantes églises, trois lieux de culte situés juste à côté les uns des autres, vous passerez assurément devant ce qui fut l’église Union, devenue propriété de l’Église Évangélique Baptiste en 1962. Juste à côté, vous verrez un stationnement. Il s’agit de l’emplacement du plus vieux cimetière de Magog, en utilisation d’au moins 1814 jusqu’aux années 1930. Il fait face à la maison Turner (c.1850), du nom de la famille qui fit don de ce terrain pour les défunts.

En 1977, la communauté desservie par l’église était importante et l’espace de stationnement insuffisant. Pour la communauté évangélique, qui considère que la foi suit le coeur et non la dépouille, il n’y avait pas de problème à paver le cimetière. Cela causa cependant un tollé chez l’importante communauté anglophone des Cantons. Robert Dawson, éditeur du Township’s Sun, alla jusqu’à écrire au ministre de la Justice afin de demander son intervention et un groupe de citoyens, avec à sa tête Kathleen Milne, femme de premier plan dans la communauté, prit sur lui de déplacer des tombes, dont certaines remontaient au début du 19e siècle, jusqu’au cimetière Pine Hill. 101 ans plus tôt, Ralph Merry V en avait fait autant avec les dépouilles de ses proches.

Ralph Merry V et le sens du devoir

Ralph Merry V (1809-1887) était un homme très pieux. Aussi, quand ce petit-fils du fondateur de Magog réalisa qu’il manquerait rapidement de place au cimetière Union avec la poussée phénoménale du Magog industriel, il prit sur lui de trouver une solution. Il fonda alors un comité organisateur chargé de trouver un lieu pour un nouveau lieu de sépulture. Très vite, ils réalisèrent que le meilleur endroit était Pine Hill. Surélevé et entouré de fermes et de grands espaces, il servirait de repère visuel en plus de répondre à un impératif religieux : dans bien des communautés, il y a un symbolisme fort lié au fait d’être enterré en hauteur, soit près de Dieu.

C’est ainsi que nait le cimetière Pine Hill en 1876. Ralph commence par y faire transporter les restes de son épouse Susan, décédée l’année précédente. En 1881, il fait transférer ses grands-parents, ses parents, ainsi que certains de ses frères et soeurs jusque là inhumés à Union. Imaginez ces cortèges, véritables secondes funérailles solennelles de la famille fondatrice du village, passer devant ce qui est aujourd’hui l’Auberge du Grand Lac et la Microbrasserie des Cantons!

Ralph V aura finalement droit à ses propres funérailles en 1887 à l’église Saint-Luke, aujourd’hui la Distillerie Cherry River cofondée par le chanteur Marc Dupré et connaissant un immense succès. Il repose maintenant dans le cimetière qu’il a participé à créer.

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